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Marion Maréchale-Le Pen / Conservative Political Action Conférence (CPAC)

22 Février 2018

Jeudi dernier, Marion Maréchal le Pen était de passage dans le Maryland, aux Etats Unis, pour s’exprimer devant la crème des conservateurs américains.

Une occasion pour Tartalacom de revenir sur la com’ de la jeune politique. Une chose est sure : le paradoxe reste au cœur de sa stratégie. Le fond de son message est dur, combatif et revendicateur quand la forme est souriante et fraîche. Retour sur une opération jugée séduction.

Le combat, l’élément principal de fond du message

Tout au long de son discours, Marion Maréchal le Pen utilise un champ lexical guerrier. Les mots utilisés font référence à la revendication et au combat : « I came here to tell you that there is a youth ready for this fight in Europe today », « we want our country back », « our fight cannot take place only in election », « the freedom is a gift » « we must fight for an independance ». Le mot « fight » est ainsi utilisé très souvent au cours de son intervention. Le message est claire : Marion Maréchal le Pen s’inscrit en résistance et est prête à combattre.

La douceur, l’élément principal de la forme du message

Contrairement à l’aspect revendicateur qui illustre le fond de son message, le discours de Marion Maréchal le Pen apparait très spontané, frais et moderne dans les formes.

– Son accent français, premièrement, est « cute » et rend la politique plutôt sympathique.

– Marion Maréchal le Pen est également très souriante. Elle n’hésite d’ailleurs pas à reprendre certaines interventions du public en esquissant un large sourire (par exemple, lors du « Vive la France »).

– Mais si la fraîcheur et la spontanéité sont à applaudir, ils entraînent, cependant, quelques maladresses : des index pointeurs utilisés à mauvaise escient, pas d’effets sonores, pas de gestuelles visant à souligner le propos, etc…

Bref, la communication orale de Marion Maréchal le Pen n’est absolument pas calculée. Grâce à sa sympathie, elle parvient à moderniser un propos qui a déjà été entendu depuis des années.  Le paradoxe qui existe entre « la bataille » qu’elle évoque dans le fond de son message et la forme fraîche du discours qu’elle renvoie est le principal pilier de sa communication.

La spontanéité n’est pas forcément synonyme de décontraction…

Nous l’avons vu Marion Maréchal le Pen est très spontanée, oui. Mais cela ne veut pas forcément dire qu’elle est décontractée. Pendant son élocution, les signes soulignant un inconfort sont effectivement nombreux :

– Son regard est trop souvent attiré par ses fiches et ne soutient pas ses propos. De ce fait, elle ne parvient pas réellement à créer un vrai dialogue avec le public.

– Concernant le non-verbal, un marqueur kinésique, c’est-à-dire un geste du corps non contrôlé et signe d’inconfort, est flagrant : elle joue avec ses cheveux et remet constamment des mèches en ordre.

– Enfin, à la fin de son intervention, Marion Maréchal le Pen fait un pas en arrière au lieu de partir en s’assumant. En reculant, elle rompt une nouvelle fois le dialogue avec son public.

Marion Maréchal le Pen a hérité de beaucoup mais ce n’est pas suffisant. Si elle veut conquérir la scène internationale, il faudra qu’elle continue à travailler pour pouvoir, un jour, se mesurer aux grands…

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